Les innovations technologiques qui font avancer Toyota

Chez Toyota, l’innovation ne se résume pas à une course à la puissance ou à l’écran le plus large. Le constructeur japonais avance par couches successives, en combinant hybride, logiciels, matériaux, électronique de puissance et systèmes d’assistance pour transformer l’automobile sans rompre avec les usages quotidiens. Cette stratégie explique en grande partie sa place à part dans l’industrie : là où certains acteurs promettent des ruptures spectaculaires, Toyota privilégie souvent la diffusion à grande échelle de technologies fiables, industrialisables et adaptées à des marchés très différents, de l’Europe urbaine aux grands territoires nord-américains.

Pour un lecteur français, l’intérêt est évident. Entre la montée de la mobilité durable, les débats sur la place de la voiture électrique, la pression réglementaire européenne et les attentes croissantes en matière de sécurité active, Toyota sert de laboratoire grandeur nature. Ses progrès dans l’électrification, la connectivité, la robotique ou l’intelligence artificielle dessinent une vision concrète de l’automobile de demain. Derrière cette évolution, une idée domine : faire avancer la technologie sans perdre de vue l’usage réel, la sobriété industrielle et la confiance du conducteur.

En bref

  • Toyota a popularisé la technologie hybride et continue de la faire évoluer pour réduire consommation et émissions.
  • La voiture électrique progresse dans la gamme, avec un travail important sur l’architecture logicielle, la gestion thermique et la recharge.
  • La batterie à hydrogène et la pile à combustible restent des axes stratégiques pour les usages intensifs et certains marchés.
  • La sécurité active, le véhicule autonome et l’intelligence artificielle avancent via Toyota Safety Sense et les recherches du groupe.
  • La connectivité et l’internet des objets transforment la voiture en plateforme de services, de maintenance et d’optimisation.
  • La robotique élargit l’innovation Toyota bien au-delà de l’automobile, avec un impact direct sur l’usine et l’assistance humaine.

Pourquoi l’innovation technologique de Toyota repose d’abord sur l’hybride et l’électrification

Lorsqu’on évoque les avancées de Toyota, un mot revient immédiatement : hybride. Ce n’est pas un hasard, ni un simple héritage marketing lié à la Prius. Depuis la fin des années 1990, Toyota a construit une expertise profonde sur la combinaison entre moteur thermique, machine électrique, électronique de puissance et gestion logicielle de l’énergie. Ce socle technique a ensuite irrigué une grande partie de la gamme, des citadines aux SUV. En France, où l’usage quotidien mêle trajets urbains, périphériques et autoroutiers, cette approche a longtemps constitué une réponse pragmatique à la réduction de la consommation sans bouleverser les habitudes de recharge.

Le point le plus intéressant tient à la philosophie industrielle du groupe. Toyota ne considère pas l’électrification comme un bloc unique, mais comme un ensemble de solutions complémentaires. L’hybride classique, l’hybride rechargeable, la voiture électrique à batterie et la batterie à hydrogène sont vus comme des outils différents selon les infrastructures, les coûts et les usages. Cette logique peut sembler moins spectaculaire que celle de certains constructeurs focalisés sur le tout-électrique, mais elle répond à une réalité bien connue des automobilistes français : tous ne disposent pas d’une borne à domicile, tous ne parcourent pas les mêmes distances, et tous n’acceptent pas les mêmes contraintes.

Sur le plan technologique, l’avance de Toyota dans l’hybridation repose sur plusieurs briques. Il y a d’abord l’optimisation des moteurs à haut rendement thermique, souvent associée à des cycles de combustion pensés pour l’efficience. Il y a ensuite l’amélioration des batteries, de la gestion de la charge et de la récupération d’énergie au freinage. Enfin, il y a le logiciel, qui décide en permanence du meilleur compromis entre performances, sobriété et agrément. C’est précisément là que le travail invisible du constructeur devient décisif. Une chaîne de traction électrifiée réussie n’est pas seulement une addition de composants ; c’est un orchestration en temps réel.

Dans la vie courante, cela se traduit par des véhicules capables de rouler souvent en mode électrique à basse vitesse, de lisser les redémarrages en ville et de limiter les à-coups. Cette expérience compte beaucoup. Une technologie ne s’impose vraiment que lorsqu’elle disparaît derrière la simplicité d’usage. Toyota l’a compris tôt. Sur ce terrain, la marque a contribué à banaliser une forme d’électrification auprès d’un public qui ne se percevait pas nécessairement comme pionnier.

La voiture électrique, chez Toyota, s’inscrit dans la continuité de ce raisonnement. Avec la famille bZ, le groupe cherche moins à renier son histoire qu’à prolonger son savoir-faire vers des plateformes spécifiquement conçues pour le zéro émission à l’échappement. L’enjeu n’est pas seulement l’autonomie. Il porte aussi sur la tenue des performances par temps froid, la préservation de la batterie, la rapidité de recharge et l’intégration des fonctions numériques. Pour un marché européen devenu très attentif à ces critères, l’exécution compte autant que l’annonce.

Il faut aussi regarder la concurrence pour mesurer ce qui distingue Toyota. Certains constructeurs premium développent eux aussi des stratégies d’innovation très affirmées, comme le montre cet aperçu des innovations technologiques chez BMW. Toyota se démarque toutefois par une recherche constante de diffusion massive, avec des choix souvent dictés par la robustesse et le coût total d’usage plutôt que par la seule démonstration technologique.

Un autre sujet mérite l’attention : la batterie à hydrogène. Sur le marché français, la pile à combustible reste marginale dans le véhicule particulier, faute d’infrastructures suffisantes. Pourtant, Toyota continue d’y investir, notamment parce que cette solution peut présenter des atouts pour des flottes, des usages professionnels ou des segments où le temps d’immobilisation doit rester réduit. La Mirai illustre cette persévérance. L’hydrogène n’est pas aujourd’hui la réponse universelle, mais il demeure une piste crédible dans certaines conditions bien identifiées.

Lire plus:  Découvrez l'histoire et l'innovation derrière Saab

Cette diversité technologique n’est pas un signe d’hésitation. Elle révèle une méthode. Toyota avance en gardant plusieurs portes ouvertes, sans céder à l’idée qu’une seule technologie effacera toutes les autres. Dans un secteur où les paris industriels sont risqués, cette prudence active ressemble à une force. Voilà sans doute le premier moteur du progrès chez Toyota : transformer l’innovation en solution utilisable, et non en promesse abstraite.

Comment Toyota développe la sécurité active, le véhicule autonome et l’intelligence artificielle

La deuxième grande force de Toyota se joue dans un domaine moins visible que la motorisation mais tout aussi structurant : la sécurité active. Depuis plusieurs années, le groupe déploie un ensemble de systèmes d’aide à la conduite sous l’appellation Toyota Safety Sense. Derrière ce nom se trouvent des technologies devenues centrales dans l’automobile contemporaine : freinage d’urgence, détection des piétons, alerte de franchissement de ligne, maintien dans la voie, lecture de panneaux et régulateur adaptatif. Pour beaucoup d’automobilistes, ces fonctions constituent aujourd’hui le premier contact concret avec une conduite partiellement automatisée.

Le sujet dépasse pourtant la simple aide électronique. Toyota travaille depuis longtemps sur les conditions qui permettront un jour au véhicule autonome d’évoluer de manière fiable dans des environnements complexes. Or, la difficulté n’est pas seulement technique. Une route française un jour de pluie, un rond-point dense, des cyclistes imprévisibles, un marquage au sol usé, des zones de travaux temporaires : la conduite réelle est faite d’ambiguïtés. C’est précisément là que l’intelligence artificielle intervient, non comme une magie algorithmique, mais comme une capacité à interpréter des situations incomplètes à partir de capteurs multiples.

Toyota Research Institute, aux États-Unis, a largement contribué à cette orientation. Les recherches portent à la fois sur l’automatisation et sur l’assistance avancée au conducteur. Le constructeur ne cherche pas seulement à créer une voiture qui remplace l’humain ; il explore aussi la manière dont la machine peut l’aider à éviter l’erreur, à mieux percevoir un danger ou à reprendre le contrôle dans une situation dégradée. Cette nuance est essentielle. Elle rejoint une question simple : vaut-il mieux viser une autonomie totale lointaine, ou améliorer dès maintenant la sécurité quotidienne de millions de conducteurs ? Toyota a clairement choisi de travailler sur les deux tableaux.

La combinaison des radars, caméras, lidars selon les programmes et calculateurs de plus en plus puissants permet de bâtir cette progression. Mais le logiciel reste au centre du jeu. Un système de sécurité active n’a de valeur que s’il sait éviter les faux positifs, rester lisible pour l’utilisateur et intervenir avec justesse. Trop intrusif, il agace. Trop passif, il déçoit. Le bon équilibre exige une somme considérable de données, de validation et d’essais en conditions diverses.

Cette logique rapproche Toyota d’autres constructeurs innovants, tout en conservant sa propre culture. Pour mettre en perspective cette compétition, il est utile de consulter les innovations auto attendues en 2026, qui montrent combien l’interface entre logiciel, capteurs et conduite devient le terrain majeur de l’industrie. Chez Toyota, l’avantage tient souvent à une approche graduelle, attentive à la fiabilité et à l’acceptabilité sociale.

Le lien entre intelligence artificielle et automobile ne se limite d’ailleurs pas à la conduite. L’IA intervient dans l’analyse de données de maintenance, l’optimisation de la chaîne logistique, la gestion énergétique et la personnalisation de certains services embarqués. Un conducteur peut ne jamais voir l’algorithme, tout en bénéficiant d’un système qui anticipe l’usure d’un composant, améliore la navigation ou adapte certaines fonctions au contexte réel. Cette présence diffuse de l’IA correspond bien à la manière dont Toyota intègre l’innovation : en profondeur, souvent sans démonstration tapageuse.

Le cas des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo a également montré comment Toyota souhaitait associer automatisation, accessibilité et mobilité inclusive. Ce n’était pas seulement une vitrine. C’était une manière d’illustrer que la technologie doit aussi servir des publics fragiles, des déplacements spécifiques et des environnements urbains complexes. La question n’est donc pas seulement de savoir quand le véhicule autonome sera banal, mais à quelles conditions il apportera une vraie valeur sociale.

Cette orientation révèle quelque chose de plus large. Chez Toyota, la sécurité ne se pense pas comme une fonction isolée ; elle devient l’ossature de la transformation numérique de l’automobile. Et c’est souvent dans cette discrétion méthodique que naissent les avancées les plus durables.

Cette montée en puissance du logiciel appelle naturellement un autre chantier décisif : celui de la voiture connectée, de ses données et des services numériques qui l’accompagnent.

Connectivité, internet des objets et services numériques : la voiture Toyota devient une plateforme

La voiture contemporaine n’est plus seulement un objet mécanique. Elle devient un nœud de connectivité, relié à des serveurs, à des applications mobiles, à des infrastructures et, plus largement, à l’internet des objets. Chez Toyota, cette mutation prend une importance croissante. Le véhicule ne sert plus uniquement à se déplacer ; il dialogue avec son environnement numérique, remonte des informations de diagnostic, reçoit des mises à jour et propose des services qui prolongent l’expérience bien au-delà de l’habitacle.

Pour l’automobiliste français, cela se traduit d’abord par des fonctions devenues familières : navigation enrichie, informations de trafic en temps réel, commande à distance de certaines fonctions, suivi d’entretien ou localisation du véhicule. Mais l’enjeu réel est plus profond. La connectivité permet de faire évoluer la voiture après sa sortie d’usine. Dans une industrie historiquement fondée sur des cycles de produits longs, cette capacité change la donne. Une amélioration logicielle peut modifier le comportement d’un système d’assistance, affiner la gestion d’énergie ou corriger un défaut sans intervention lourde en atelier.

Lire plus:  Bmw vs mercedes : comparatif des voitures autonomes

Le développement de l’internet des objets transforme aussi la relation entre le constructeur, le réseau et le client. Un atelier peut préparer l’accueil d’un véhicule grâce à des données de diagnostic remontées en amont. Une flotte professionnelle peut suivre ses consommations, ses temps d’arrêt ou ses besoins de maintenance. Dans les grandes agglomérations, où les contraintes de circulation se multiplient, cette lecture fine de l’usage prend de la valeur. Elle permet une gestion plus rationnelle des déplacements et participe indirectement à la mobilité durable.

Le sujet de la cybersécurité devient alors incontournable. Plus une automobile est connectée, plus elle doit protéger ses systèmes. Toyota, comme les autres grands constructeurs, doit intégrer la sécurité numérique à tous les niveaux : architecture électronique, segmentation des réseaux internes, mises à jour sécurisées et contrôle des accès aux données. Cette question est centrale pour la confiance. Une voiture hautement connectée mais vulnérable ne serait pas un progrès, seulement un risque supplémentaire.

La numérisation s’exprime aussi dans l’ergonomie. L’automobile moderne doit offrir un accès simple aux fonctions sans transformer la conduite en parcours de menus. C’est là qu’un constructeur révèle sa compréhension de l’usage réel. Les commandes physiques gardent leur intérêt pour certaines actions rapides, tandis que l’écran central et les assistants vocaux prennent en charge les interactions plus complexes. Le bon design n’est pas celui qui affiche le plus d’options, mais celui qui réduit la charge mentale.

Pour mieux saisir les différentes stratégies du secteur, il est intéressant de comparer Toyota à d’autres marques japonaises, par exemple à travers cet article sur les innovations de Honda dans l’automobile. On y retrouve une même tension entre efficience, fiabilité et transformation logicielle, mais avec des choix d’exécution distincts. Chez Toyota, l’objectif reste d’intégrer la technologie numérique à un ensemble plus large, où l’industrialisation et la durabilité comptent autant que la nouveauté.

Le tableau suivant résume les principaux axes technologiques qui structurent cette évolution.

Technologie Rôle chez Toyota Impact pour l’usager
Hybride Optimisation de la consommation et de l’efficience Usage simple en ville et sur route, sans recharge obligatoire
Voiture électrique Zéro émission à l’échappement et architecture dédiée Conduite silencieuse, recharge et services connectés
Sécurité active Aides à la conduite et prévention des collisions Réduction du stress et meilleure protection au quotidien
Intelligence artificielle Analyse de données, assistance et automatisation Fonctions plus pertinentes et maintenance mieux anticipée
Internet des objets Communication véhicule-cloud-infrastructure Suivi d’entretien, services à distance, optimisation d’usage
Batterie à hydrogène Alternative électrique pour certains usages intensifs Ravitaillement rapide quand l’infrastructure existe

Au fond, la mutation numérique de Toyota ne consiste pas à faire de la voiture un smartphone sur roues. Elle cherche plutôt à rendre l’automobile plus utile, plus prévisible et plus intégrée à un écosystème de services. La plateforme logicielle n’efface pas la machine ; elle en devient la colonne vertébrale invisible.

Robotique, production intelligente et mobilité durable : l’innovation Toyota dépasse la route

Réduire Toyota à ses seuls véhicules serait passer à côté d’une dimension essentielle de son identité technique. Le groupe accorde depuis longtemps une place importante à la robotique, à l’automatisation industrielle et à l’amélioration continue des procédés. Cette culture de production influence directement la qualité perçue, la maîtrise des coûts et la capacité à déployer des technologies complexes à grande échelle. Derrière chaque modèle hybride ou chaque système d’assistance, il y a une organisation capable de fabriquer avec précision, de corriger rapidement les écarts et d’apprendre en permanence.

Le célèbre Toyota Production System a souvent été étudié comme un modèle industriel fondé sur le lean management, le juste-à-temps et le kaizen. Mais il serait réducteur de le voir comme une simple méthode d’usine. Aujourd’hui, cette culture se prolonge dans les lignes de production numérisées, les capteurs, l’analyse de données et l’automatisation avancée. L’internet des objets n’est pas réservé aux voitures déjà vendues ; il transforme aussi les usines elles-mêmes. Machines-outils, robots, convoyeurs et systèmes de contrôle échangent des informations afin d’améliorer la traçabilité et la maintenance préventive.

La robotique chez Toyota a également une dimension humaine forte. Le groupe a développé au fil des années des projets de robots d’assistance, de mobilité personnelle et de soutien à l’autonomie. Cet axe peut sembler éloigné de l’automobile, pourtant il éclaire la vision d’ensemble. Pour Toyota, la mobilité ne s’arrête pas à la voiture particulière. Elle englobe la capacité des personnes à se déplacer, à vivre avec plus d’indépendance et à bénéficier d’outils technologiques adaptés à leurs besoins. Cette approche prend un relief particulier dans des sociétés vieillissantes comme le Japon, mais elle résonne aussi en France, où la question de l’accessibilité devient centrale.

La notion de mobilité durable doit aussi être lue à travers cette chaîne de valeur complète. Une voiture plus sobre n’épuise pas le sujet. Il faut considérer la fabrication des batteries, la consommation énergétique des sites industriels, la logistique, le recyclage des matériaux et l’allongement de la durée de vie des produits. Toyota avance sur ces sujets par touches successives, avec une attention marquée pour l’industrialisation réelle. Cette prudence explique parfois une communication moins flamboyante que celle d’autres marques, mais elle traduit une obsession de la robustesse.

Le projet Woven City, développé au Japon au pied du mont Fuji, illustre bien cette ambition d’aller au-delà du véhicule. Pensée comme un laboratoire urbain, cette ville expérimentale doit permettre de tester la connectivité, l’automatisation, l’énergie, la logistique et de nouvelles formes de déplacements. On y retrouve la jonction entre automobile, habitat, données et infrastructures. Pour un observateur européen, l’intérêt est immense : il ne s’agit plus seulement de concevoir une meilleure voiture, mais un écosystème dans lequel différents objets communiquent pour fluidifier la vie quotidienne.

Lire plus:  Polestar : l'avenir de la voiture électrique en pleine révolution

Cette logique conduit aussi à repenser la concurrence. Les batailles technologiques ne se jouent plus uniquement entre capot et coffre, mais entre visions de la mobilité. Certains acteurs se concentrent sur le luxe, d’autres sur la performance, d’autres encore sur le logiciel pur. Toyota, lui, conserve une approche systémique. C’est ce qui rend sa trajectoire parfois moins spectaculaire, mais souvent plus cohérente dans la durée.

Dans cette perspective, quelques leviers apparaissent clairement :

  1. Industrialiser vite et bien pour faire baisser les coûts des nouvelles technologies.
  2. Relier les données de l’usine, du véhicule et du service après-vente afin d’améliorer la fiabilité.
  3. Étendre la mobilité au-delà de l’automobile, grâce à la robotique et aux solutions d’assistance.
  4. Réduire l’empreinte environnementale globale, pas seulement les émissions à l’usage.

Cette vision globale éclaire la singularité de Toyota. L’innovation n’y est pas traitée comme un feu d’artifice annuel, mais comme un système vivant reliant la recherche, la production, la ville et l’usage. À mesure que la mobilité devient un service interconnecté, cette capacité à penser l’ensemble pourrait bien être l’un de ses plus grands avantages.

Ce cadre industriel et urbain conduit naturellement à observer ce que Toyota prépare pour les prochaines années, entre diversification énergétique, logiciels embarqués et nouveaux usages du véhicule.

Les prochaines avancées de Toyota entre batterie à hydrogène, logiciels embarqués et nouveaux usages

Regarder l’avenir de Toyota exige d’éviter les oppositions trop simples. Non, l’entreprise ne se résume pas à l’hybride. Non, elle n’ignore pas la voiture électrique. Non plus, l’batterie à hydrogène ne représente pas chez elle une lubie isolée. Ce qui se dessine, c’est plutôt un portefeuille de technologies destiné à répondre à des réalités de marché très différentes. Dans un monde où les politiques publiques, les coûts de l’énergie, les réseaux de recharge et les usages professionnels évoluent à des rythmes contrastés, cette diversification peut devenir un atout décisif.

Du côté des véhicules électriques à batterie, les attentes concernent autant la chimie des cellules que l’architecture logicielle. Le public français suit de près les sujets d’autonomie réelle sur autoroute, de recharge rapide, de tenue des performances hivernales et de valeur résiduelle. Toyota le sait. L’amélioration des plateformes dédiées, de la gestion thermique et du dialogue entre matériel et logiciel sera donc déterminante. Les gains visibles ne viendront pas uniquement de batteries plus performantes ; ils naîtront aussi d’une meilleure efficacité globale du système.

L’batterie à hydrogène, ou plus exactement la pile à combustible alimentée en hydrogène, restera sans doute cantonnée à certains usages tant que l’infrastructure de distribution ne se développera pas davantage. Mais il serait imprudent de la balayer d’un revers de main. Pour des véhicules utilitaires, des flottes captives ou des segments où le temps de ravitaillement est stratégique, cette technologie conserve des arguments solides. Toyota continue donc d’y travailler, avec une constance qui peut sembler minoritaire aujourd’hui, mais qui pourrait s’avérer pertinente dans des niches importantes.

Un autre front majeur concerne les logiciels embarqués. L’automobile entre dans une ère où la valeur se déplace progressivement du seul hardware vers l’intégration logicielle. Cela touche la gestion énergétique, les aides à la conduite, la personnalisation de l’interface, les mises à jour à distance et la relation de service. La prochaine étape pour Toyota sera de consolider cette architecture numérique afin de rendre ses véhicules plus évolutifs sur la durée. En clair, une voiture pourra gagner des fonctions, affiner ses comportements ou améliorer certains services après son achat, comme cela se fait déjà de plus en plus dans l’industrie.

Les usages eux-mêmes changent. En zone dense, beaucoup d’automobilistes ne cherchent plus seulement un véhicule, mais une solution de déplacement intégrée à un quotidien contraint : stationnement rare, ZFE, trajets multimodaux, coût de l’énergie, télétravail partiel. Toyota devra répondre à cette transformation avec des offres capables d’articuler connectivité, efficience et simplicité d’usage. La voiture n’est plus pensée uniquement comme propriété statique ; elle devient un élément d’un écosystème de mobilité. C’est là que la stratégie construite autour de Woven, des services numériques et des recherches sur l’automatisation prend tout son sens.

Les observateurs du secteur suivent également la manière dont Toyota se positionne face à des marques très offensives sur la technologie, qu’elles soient premium, sportives ou centrées sur l’électrification pure. Pour élargir cette lecture, on peut consulter ce panorama des innovations technologiques chez Audi, qui illustre une autre manière d’associer électronique, design et performance. Toyota, de son côté, continue d’avancer avec une priorité claire : transformer les innovations en solutions diffusables, fiables et adaptées à des volumes importants.

Ce choix peut frustrer ceux qui attendent des ruptures spectaculaires. Pourtant, c’est souvent ainsi que les transformations les plus profondes s’installent. Une technologie devient décisive non quand elle impressionne dans un salon, mais quand elle s’intègre sans effort dans la vie réelle. Toyota l’a démontré avec l’hybridation. Le même scénario pourrait se reproduire avec les logiciels embarqués, les services connectés, l’intelligence artificielle appliquée à l’assistance et, dans certains contextes, avec l’hydrogène.

Au fond, l’avenir de Toyota se joue dans cette capacité rare à relier prudence industrielle et ambition technologique. Dans une période où l’automobile se redéfinit à grande vitesse, cette constance pourrait bien être sa forme d’innovation la plus sous-estimée.

Pourquoi Toyota mise-t-il encore autant sur l’hybride ?

Parce que l’hybride reste une solution efficace pour réduire la consommation et les émissions sans imposer la recharge à tous les usagers. En France, où les situations de logement et d’infrastructure sont très variées, cette technologie conserve une forte pertinence.

Toyota est-il en retard sur la voiture électrique ?

Le groupe a été plus progressif que certains concurrents, mais il investit bien dans la voiture électrique avec des plateformes dédiées, des logiciels embarqués et une stratégie mondiale multi-technologies. Son approche privilégie souvent la fiabilité industrielle et l’adaptation aux marchés.

À quoi sert l’intelligence artificielle chez Toyota ?

L’intelligence artificielle intervient dans l’aide à la conduite, l’analyse des données de maintenance, l’optimisation énergétique, la recherche sur le véhicule autonome et certains services connectés. Elle améliore autant la sécurité que l’efficacité globale du véhicule.

La batterie à hydrogène a-t-elle un avenir chez Toyota ?

Oui, surtout dans des usages spécifiques comme certaines flottes, les véhicules utilitaires ou les environnements où un ravitaillement rapide est essentiel. Pour le grand public, son développement dépend encore fortement du réseau d’infrastructures.

Que recouvrent la connectivité et l’internet des objets dans une Toyota moderne ?

Cela désigne l’ensemble des échanges de données entre le véhicule, le cloud, l’application mobile, l’atelier ou les infrastructures. Ces technologies permettent des mises à jour, du diagnostic à distance, des services de navigation enrichis et une meilleure gestion de l’entretien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *